les minuscules

 

La solidarité

 

Mes bagages m’attendent à l’aéroport. KLM a tendance à perdre les valises qui s’envolent vers l’Afrique. La zone est sécurisée, les voitures s’alignent. À ma gauche une jeep dont une puis deux portières s’ouvrent brusquement. Un petit et un grand Chinois. Le petit veut pisser, là, maintenant. Le grand s’agite, souffle. Malgré la faiblesse de mon mandarin, je comprends tout de même que le grand s’adresse au pisseur avec moult formes de politesse. La vessie sensible est un chef dont le second tente désespérément de lui faire prendre conscience que non, même avec sa grosse Rolex, ça ne se fait pas de pisser à 30 mètres de l’armée rwandaise. Un soldat, mitraillette en main, s’avance. Mais comme s’il savait que perdre la face réduirait le grand Chinois au rang d’animal, il chaloupe sa démarche et arrive juste au moment où le pissou s’achève. C’est ce que j’appelle de la solidarité entre les peuples.

 

 

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