les minuscules

 

La manifestación

 

Sur le chemin, des bus pleins de chansons, de cris, joyeux, excités, brutaux. Les immenses rues du centre-ville de Buenos Aires, Avenida de Mayo, Avenida del 9 de Julio, vides de voitures. Des grappes de manifestants, des gens sur la route, des jeunes qui semblent avoir séchés les cours pour boire du Fernet cola et s’embrasser avec la langue. De vieux syndicalistes ivres. Des marginaux, des bobo, aussi. Et puis des tracts par milliers sous les pieds. Les slogans, les pancartes déjà fatiguées à peine les discours terminés. Des t-shirts à l’effigie de Madame Perón, el movimiento Evita. El peronismo, ce n’est pas ce que vous croyez, vous, les Européens. Les fascismes du vieux monde ne portaient pas de rouge à lèvres. On sent encore le parfum de la viande grillée, mais on remballe déjà l’asado. L’odeur de la bière et du feu plane curieusement sur ce centre d’habitude plutôt propret. Et les tambours qui cognent encore ici et là. On ne sait pas, on ne sait plus. La fête, la guerre ? La rentrée scolaire prend du retard, le championnat de football est en grève. Rien d’extraordinaire, Buenos Aires et son joli mois de mars.

 

<

<