les minuscules

 

La poste

 

Trois files d’attente. Ici pour le courrier, ici pour les paiements et là-bas, là-bas, on ne sait pas pourquoi. Et puis non, finalement, on peut payer partout, mais les paquets, c’est seulement là-bas. Ou pas. Et vous, vous savez où c’est pour ma déclaration ? Ah, non, je ne suis pas d’ici, je ne sais pas comment ça marche. Des dents apparaissent sous le grand rire. Personne ne sait comment ça marche, d’ici ou pas d’ici. On attend. On attend longtemps. On attend sagement. On fait les boutons de son amoureux, on fait défiler l’écran de son portable, on chantonne. Et puis c’était l’autre file. Et puis on ne comprend rien parce que le micro des postiers crépite comme un 31 décembre à Las Vegas. On paie en grimaçant parce que c’est trop cher, mais qu’on n’a pas le choix. Et puis, on part, incertains que le courrier arrivera, que l’argent sera reçu. Je n’y aurais pas songé, mais le mal du pays – la nostalgie de ma Suisse – c’est toujours à la poste qu’il me prend.

 

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