les minuscules

 

La marche

 

Je saute du bus, relève mes lunettes de soleil et m’engouffre dans quelques rues commerçantes. Une librairie, je lis les titres en espagnol, rêve d’y voir mes propres livres. J’achète des t-shirt pour le prix d’un sandwich helvétique. On m’apostrophe un peu, on me regarde beaucoup. Avec mon sac à dos et mes mollets blancs quadrillés de piqûres de moustiques, on veut me vendre des choses, me faire entrer dans des restaurants, des bars trop chers et trop kitsch. Et comme je suis seule, on voudrait y aller avec moi. Je souris, je remercie, non. Et je continue à marcher. Je débouche sur l’Avenida 9 de julio. Si immense que les soixante sept mètres de son obélisque semblent anecdotiques. Un groupe de femmes discutent pendant que leurs bébés dorment sur des matelas abandonnés. Les McDonald clignotent, le soleil se couche, les théâtres s’allument. Marcher pour commencer à comprendre, sentir et caresser. Marcher dans les rues de Buenos Aires.

 

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