les minuscules

 

La mer

 

 

Je ferme les yeux et je sens ma peau qui tire alors que le sel sèche au soleil. Je ferme les yeux et j’entends les vagues qui m’appellent. Je ferme les yeux et le poisson grillé fond dans ma bouche. J’ai toujours aimé la mer, la Méditerranée, notre mer. Mère de cultures, de cuisines, de richesses. Mère abandonnée. Elle porte tant qu’elle peut les bateaux pneumatiques, mais ils sont trop chargés, l’eau se faufile dans les trous, le vent déchire le plastique trop fin. Elle porte tant qu’elle peut les hommes, les femmes et les enfants qui tombent, mais les gilets sont factices, les bouées percées, les radeaux disparus. Mer abandonnée. Plus personne ne viendra l’aider à porter la misère, la guerre et l’espoir du possible. L’Aquarius reste à quai.

 

 

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