les minuscules

 

La milonga

 

Mauvaise direction, revenir en arrière, les bars appellent, mais non, la cerveza attendra. Et finalement une petite flèche rouge collée sur un mur, des escaliers étroits et une cour où l’on discute sous les étoiles de Buenos Aires. Se laisser guider par des chaussures, fines brides et parfaits talons. Suivre la musique. Entrer dans une salle. Chaises alignées, quelques tables dans les coins, maladroits portraits d’Evita et du Che au mur. Atmosphère de boum qui peine à s’allumer. Et puis, aux alentours de minuit, on danse. On ferme les yeux, on se tient par les joues et les mains, on change de partenaire, on danse encore. Des beaux, des laids, des jeunes des vieux, des femmes, des hommes, on danse avec qui vous invite. Une femme superbe collée à une bedaine agile, un jeune homme serré contre une grand-mère. Tout le monde connaît les pas, comme un incontournable de la culture, de l’identité, mais personne ne danse bien. Ce n’est pas important. Ici, pas de performance ni même de séduction. Juste du tango.

 

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