les minuscules

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le dragueur
 
Il y a l’ouvrier : il siffle avant même d’avoir vu. La vieille, la fillette, le banquier à talonnettes, il donne son bruyant amour à tout un chacun.
Il y a l’animalier : il émet de petits bruits, de petits claquements de langue, femme chiot, femme chaton.
Il y a le gourmet : humm, miam et autres onomatopées gustatives, femme glace, femme pizza.
Il y a le timide : il jette de petits coups d’œil, rosit très vite au soleil.
Il y a le cligneur : il donne de sa paupière en toute indiscrétion.
Il y a l’obscène : il insulte en portant la main à ses propres organes, probablement au désespoir que personne d’autre ne les touche.
Il y a le vieux : il abuse du solarium et il a des problèmes avec sa mère.
Il y a le gamin : il abuse du parfum et il a des problèmes avec sa mère.
Il y a le marié : il n’est pas jaloux du mari des femmes et sa femme n’est pas jalouse des femmes des autres maris.
Il y a le payeur : il se trompe fréquemment de quartier.
Il y a le pornographe : il se fait son film et s’ennuie sans vraies femmes dedans.
Il y a le malin : il bouscule, invite pour se faire pardonner.
Il y a le lâche : il tripote aux heures de pointes, puis se fond dans la foule.
 
Le printemps, le soleil. Retour des terrasses, des apéros et du dragueur.
 

 

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