les minuscules

 

Le string

 

Ce matin, elle a décidé. Fini le laisser-aller, la petite déprime et les kilos. Un vieux t-shirt, un legging noir et des baskets. Fourrer le tout dans un sac informe et direction la salle de sports. Elle ne veut plus de cette image de perdante, de chômeuse qu’elle rencontre dans son miroir. Elle va trouver un boulot, elle en est sûre. Et lorsque ce jour béni arrivera, elle veut encore pouvoir se glisser dans ses jolis petits tailleurs. Donc, fitness. Elle évite les immenses glaces dans lesquelles les habituées admirent leurs abdos et leur petit cul bien haut. Pas maquillée, le cheveu tombant, la fringue froissée, elle baisse la tête. Elle monte sur le tapis de course. C’est dur. Elle tient le coup, s’impose de pédaler encore trente minutes. Elle se sent un peu mieux, mais ne relève pas la tête. Elle ne voudrait pas gâcher son plaisir en tombant sur les courbes parfaites des autres. Elle fonce vers les tapis de sol. Elle se gaine, puis s’étire. Enfin, la douche. Si elle avait redressé la tête, elle aurait vu les regards des hommes la suivre jusqu’au vestiaire. Aucun d’eux n’a remarqué l’absence de maquillage, les cheveux défaits et les vieilles baskets. Mais tous ont admiré, grâce à l’insoupçonnée transparence du legging noir, le string blanc, la peau et les magnifiques fesses, rondes et généreuses d’une beauté qui s’ignore.

 

 

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