les minuscules

le vestiaire pour dame
 
Le cours d’aérobic est terminé. Elles entrent. Une vingtaine de femmes ruisselantes, entre dix-neuf et septante ans. Elles viennent de partout, parlent toutes les langues. Les casiers claquent, les rires fusent. Elles se débarassent avec bonheur du lycra collant de sueur, s’échangent du gel douche, puis de la crème pour le corps. Il y a Amina. La pharaone noire du vestiaire. Elle règne dans la bienveillance, distille ses conseils toujours avisés, il te rabaisse ? quitte-le ! TOUT DE SUITE ! un gommage par semaine, ma chérie ! Il y a Galina, l’haltérophile bulgare à la retraite. Des jambes de skieurs, un ventre de panda, une face de bouledogue. Un sucre. Il y a Christy et ses immenses seins, a burden, sweety. Il y a Leïla et son petit corps svelte qu’elle déteste. Il y a Maria, ses tatouages, son imposante cellulite et son épilation intégrale. Il y a Stéphanie et sa poitrine siliconnée, ces machins en plastique m’ont sauvé la vie ! Il y a Constancia et ses cicatrices, un bébé, une appendicite, deux bébés, un cancer, trois bébés. Il y a Mina, l’anorexique qui se douche avec les autres femmes depuis trois semaines. Il y a Georgette, la doyenne ultra-sportive à la silhouette juvénile.
Dans le vestiaire pour dames, il y a des femmes, des vraies.

 

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