les minuscules

 

Le parc

 

Sur l’herbe, on a posé des couvertures. On mange, on rit, on sieste. Des enfants trébuchent, des chiens courent après les oiseaux, des amoureux se caressent. On est jeunes, vieux, on est riches, pauvres, on est d’ici, d’ailleurs. À l’ombre de mon banc, je nous admire un moment avant de reprendre ma lecture. Mais on ne me laisse pas seule sur le banc. Une mère et son grand fils viennent y pique-niquer. Elle me salue, me sourit. C’est une belle femme et son voile vert fait ressortir ses yeux clairs. Ils se parlent doucement, leur arabe chante à mes oreilles. Ils déballent leurs petits sacs de victuailles. Ça sent bon. Elle devine ma langue qui fait des bonds dans ma bouche. Ma fille, prends donc un falafel, ils sont encore tout chauds. C’est joli, Genève, un dimanche d’avril au soleil.

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