les minuscules

 

Le chemin

 

Je sens une présence, elle veut s’asseoir. Je pousse mes affaires, deux sacs, trois bouquins, un manteau trop long, une écharpe qui traine par terre. Je ronchonne intérieurement, qu’avait-elle à vouloir justement cette place, à ma droite ? Le bus est à moitié vide pourtant. Et puis je regarde mieux. La présence est une femme, jeune, jolie. Le bus est à moitié plein, d’hommes. Elle l’a fait d’instinct, comme moi, comme toutes. Chercher une place sûre, loin des regards, des jambes qui s’écartent, des insultes, des mains qui divaguent, des frotteurs. Le 8 mars, c’est pour ça. Le 8 mars, c’est parce que les jeunes filles pensent à leur sécurité dans le bus, le matin, en allant au travail.

 

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