les minuscules

 

Le détail

 

Tout en haut de la tour de Léandre – Kız Kulesi en turc – les touristes admirent le Bosphore et le quartier d’Üsküdar. Des Chinois, des Saoudiens, des Allemands et même quelques Turcs cherchent à percer le mystère de ce phare millénaire et légendaire. Un tour, deux tours, les cheveux défaits par le vent puis le petit café. Ça tombe bien, c’est l’heure de l’apéro. On trinque et par la fenêtre, je remarque trois jeunes filles d’à peine vingt ans. Des tenues élégantes – couleurs assorties, matières fluides – un maquillage habile qui révèle la beauté plutôt que de dissimuler les particularités et sur leurs ongles, un vernis brillant. Elles sont belles, elles rient, s’amusent, se prennent en photo dans les derniers rayons du soleil d’Istanbul. Mon verre de vin à la main, je me demande si j’ai pu leur ressembler. Jamais je n’aurais porté ce tissu qui cache leurs cheveux, leur nuque et leur cou. Et pourtant, je crois que oui, j’ai pu leur ressembler.

 

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