les minuscules

 

Les babioles

 

Moins d’heures au travail et puis l’inflation, toujours l’inflation qui vous enlève des sous alors que vous les tenez bien fermement dans votre main. Alors il faut réduire, aller à l’essentiel et penser. Penser aux factures, penser au gratuit, penser aux pièces, penser aux billets. Et puis trouver. Trouver des solutions, des combines, des trucs. Elle fait des bijoux avec du papier. Il sculpte des gadgets en bois. Sur les pavés de San Telmo, ils se retrouvent l’un à côté de l’autre à vendre leurs jolies babioles aux touristes le dimanche après-midi. Les Allemands se pressent, les Japonaises s’extasient la main devant la bouche, les Brésiliens rient, les Américains parlent trop fort. On regarde, on tripote, on achète les jolies babioles. Mais eux deux, ils se découvrent, ils se charment. Ils attendent le bon moment pour se prendre la main. Une babiole en somme. La plus belle du marché.

 

 

 

 

Traduction de Ezequiel Martinez Kolodens

 

Las bagatelas

 

Menos horas de trabajo y además la inflación, siempre la inflación, sacándote la plata aunque la tengas tan bien guardada en el bolsillo. Entonces hay que reducir, ir a lo esencial y pensar. Pensar en las facturas, pensar en lo gratuito, pensar en las monedas, pensar en los billetes. Y después encontrar. Encontrar soluciones, movidas, changas. Ella hace joyas con papel. Él talla curiosos objetos en madera. En los adoquines de San Telmo, pegados unos a otros venden sus lindas bagatelas a los turistas, los domingos al mediodía. Los alemanes se apresuran, los japoneses se deleitan tapándose la boca con la mano, los brasileros se ríen, los norteamericanos hablan demasiado fuerte. Se mira, se toquetea, se compra las bonitas bagatelas. Pero ellos dos, ellos se descubren, se encantan. Esperan el momento justo para darse la mano. Una bagatela en fin. La más linda del mercado.

 

 

<

<