les minuscules

 

Les hippies

 

Une immense terrasse, une vue époustouflante, des artistes. L’effervescence sur le toit, les performances se préparent, se jouent, se font. Les langues, les continents se mélangent. Et le public regarde, écoute. Un beau public, attentif et délicat. Un public bien habillé, un public qui a pensé à assortir ses accessoires, à maquiller son visage, à teindre ses cheveux. Un public aux muscles tonifiés par l’exercice imposé. Un public jeune, intelligent, ouvert. L’élite bobo chic de toutes les villes du monde. Et au milieu d’eux, deux vieux. Deux baby-boomers qui se cajolent, nonchalants sur leur couverture. Des vêtements confortables, bon marché et rigolos. Des cheveux gris, des rides, un peu de gras autour des hanches. Ils ne se regardent pas, ne se contrôlent pas. Ils vivent. Et nous, leurs enfants, on se névrose, englués dans la projection de notre image, étouffés dans nos objectifs et nos smartphones.

 

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