les minuscules

 

Parce que

 

Parce qu’à peine pubère, j’ai affamé mon corps pour correspondre à des canons de beauté ridicules. Parce qu’au bureau, un homme a refusé de me serrer la main. Parce qu’on m’a traitée de salope lorsque j’en voulais « trop » et lorsque je n’en voulais « pas assez ». Parce qu’un collègue m’a envoyé du porno. Parce que confondant une fois, mille fois oui avec un toujours oui, un petit ami m’a violée. Parce qu’on m’a refusé une opportunité professionnelle « dangereuse » pour la donner à un jeune homme moins qualifié. Parce que je ne me rappelle même pas le nombre de fois où l’on m’a touché les fesses sans y être invité. Parce qu’un supérieur en désaccord avec mes chiffres m’a rétorqué « je ne veux pas parler avec vous, vous êtes une femme, vous êtes irrationnelle ». Parce qu’on m’a sifflée dans la rue comme un chien. Parce qu’on m’a demandé « un café, ma petite » alors que j’étais la cheffe de projet. Parce que ces choses n’arrivent pas aux hommes et continuent d’arriver aux femmes. En cette semaine du 8 mars, comme toutes les autres, je ne veux pas de fleurs, je ne veux pas de privilèges. Je veux du respect. Le respect de mes droits.

 

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