les minuscules

 

Le vernissage

 

Une petite tente blanche, comme il se doit. Et une liste, comme il se doit. Il faut donner son nom, puis un autre et enfin, glisse le précieux bracelet de plastique jaune sur nos poignets. Admis. Admis dans le gratin de la culture de Buenos Aires. Le ministre de la Culture, quelques artistes, des organisateurs. De très beaux sacs à main assortis à de très belles chaussures. Quelques vêtements haute couture, look hipster, une poignée de très jolies femmes. Mais bien davantage d’enfants, de pantalons trop grands, de robes bon marché sur corps vieillissants, de gros sandwichs, de vin trop chaud, de musique pop assourdissante. Champagne, absent. Petits fours, absents. Escortes sublimes, absentes. Quatuor à cordes, absent. L’amateur d’art genevois se trouverait mal dans cette faune presque populaire et carrément vulgaire. Mais qu’il se rassure, à Buenos Aires aussi, personne ne s’intéresse à l’exposition.

 

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