La rumba

L’orchestre joue, on commence à s’agiter, ici plutôt bien, là-bas plutôt mal, bientôt se détache un couple, puis deux. Comme partout ailleurs, les grands dansent plus maladroitement que les petits et les garçons glissent leurs mains sur les filles, tantôt heureuses, tantôt fatiguées. Je regarde les pieds, les hanches, c’est joli, c’est doux, c’est tentant. On me tend la main, une fois, deux fois, trois fois. Le rythme caresse les corps, on ondule sans effort. Juste à la lisière du monde, un grand-papa regarde, écoute. Un vieillard habillé de vêtements élimés, signe d’extrême pauvreté. Il bouge discrètement, doucement, mais à y regarder de plus près, la musique, l’harmonie se dégagent de ses pieds, de son bassin tout disposés à enflammer la piste, étourdir les femmes et éclipser les musiciens. Mais il n’ose pas, il n’ose plus. Trop vieux, trop pauvre ? Une vilenie quelconque prive la nuit kinoise de sa grâce, mais tout n’est pas perdu, deux yeux bleus l’ont devinée.  

Minuscules
Cartes postales
L’exemple
Le déconfinement
La caissière
Le torse
La rumba
La robe rouge
La photo
La différence
Le sable
Le duo
Le scotch
La fermeté
Le bonbon
Le portique
Kigali
La solidarité
Theo
Le parapluie
La nantie
La plage
Le prix
Bisesero
Le piano
Le peso
L’affiche
Le dancefloor
Le spectacle
La chanson
Le beignet
La déficience
La preuve
L’avion
La soudure
La pluie
Le papillon
La descente
Le cri
Le trouble
Le parfum
Le coach
Le mérite