Le sable

Plonger le saut dans la rivière, le remplir de sable lourd et mouillé, tendre tous les muscles, un grand geste entre l’épaule et la tête, remonter jusqu’au tas, soulever plus haut et vider le poids. Bref soulagement. Puis encore. Encore. Encore. Il fait plus de quarante degrés sous le soleil du dimanche matin. La plupart des Kinois cherchent dieu dans leur église, mais pas nous – bien à l’abri dans notre vieux 4X4 – et surtout pas eux. Eux, ils travaillent. On viendra acheter leur sable pour construire sa villa particulière ou trois immeubles chinois, peu importe pour qui, ils le sortiront de la terre même le jour du seigneur. Eux, ils ne s’arrêtent pas pour prier, ils ne s’arrêtent pas parce qu’il fait trop chaud, ils ne s’arrêtent jamais. C’est leur corps qui le dit, qu’ils ne s’arrêtent jamais. Des corps ruisselants, à peine vêtus, exposés sans pudeur. La pudeur, luxe inaccessible pour ces corps réduits à l’utilité. Membres, muscles, peau, adaptés aux cruels gestes mille fois répétés de l’homme sacrifié au travail du sable. 

Minuscules
Cartes postales
L’exemple
Le déconfinement
La caissière
Le torse
La rumba
La robe rouge
La photo
La différence
Le sable
Le duo
Le scotch
La fermeté
Le bonbon
Le portique
Kigali
La solidarité
Theo
Le parapluie
La nantie
La plage
Le prix
Bisesero
Le piano
Le peso
L’affiche
Le dancefloor
Le spectacle
La chanson
Le beignet
La déficience
La preuve
L’avion
La soudure
La pluie
Le papillon
La descente
Le cri
Le trouble
Le parfum
Le coach
Le mérite