Des livres, des vêtements, des vinyles, des chaussures, de la vaisselle, des plantes, des meubles ! La liste n’est pas exhaustive. Sur son palier ou dans la rue, on peut laisser de tout dans un carton avec la mention zu verschenken, à donner. L’une des traditions allemandes que je préfère. Une tradition récente, elle date du COVID où l’on avait soudain un temps infini pour trier ses affaires et une envie de partage qui ne devait plus passer par le contact physique. Une tradition qui révèle aussi le profond réflexe d’utilité au cœur de la culture allemande, jeter une chose qui pourrait servir, c’est presque contre dieu, c’est presque mettre des glaçons dans la bière, c’est presque refuser le gâteau avec le café. Je joue le jeu, prends et donne de petites choses dans les cartons zu verschenken. C’est particulièrement plaisant à Neustadt où résident de jeunes personnes qui ont plutôt bon goût à défaut d’avoir de l’argent – à l’est de l’Allemagne, personne n’en a vraiment, de l’argent. Dans un de ces cartons, je fais un jour une découverte particulière. Une échographie, froissée. Je la regarde, longuement. Puis, je la laisse là, à l’abandon. Je crois que c’était une erreur.